Merci Nicolas Hulot !

Coup de projecteur

7/09/2018

Tous les ministères doivent porter attention à la transition écologique et sociale et agir d’une même voix.

 

Charles Kloboukoff, Président fondateur de LÉA NATURE, et président du Fonds 1% for the planet France,  s’exprime au sujet du départ de Nicolas Hulot.

 

Charles Kloboukoff 1% for the planetLa démission de Nicolas Hulot est un véritable cri d’alarme ; la transition écologique est trop lente, les chantiers sont identifiés et engagés mais se heurtent systématiquement à des lobbies puissants qui retardent l’échéance de la mise en œuvre des mesures.
Faut-il désormais être un pur politique pour mener un ministère sur la voie de la réforme, savoir jouer avec des contre lobbyistes, être entouré d’autres ministres qui soutiennent sa propre cause ? Nicolas a paru bien isolé… On peut constater aussi que d’autres ministres issus de la société civile sont malmenés…

Au point d’abord de s’accrocher, puis désespérer avant de décrocher quand l’idéal qui a motivé leur vocation n’est plus en phase avec les mesurettes prises. Le terrible été que nous avons traversé nous alerte de plus en plus sur le fait que la machine climatique s’emballe plus vite que prévu , que l’appauvrissement de la biodiversité s’accélère à vitesse grand V, que la pollution dans les grandes villes s’amplifie rapidement et que ce que nous consommons et rejetons est bien supérieur à ce que la planète peut absorber. Alors bien sûr, après l’insécurité, la relance économique, la réduction des déséquilibres budgétaires du pays et les réformes de l’éducation, les problématiques de la politique d’émigration sont devenues les actions les plus importantes et urgentes.

Au point de négliger l’avenir de la planète et tout ce qui impacte la santé publique en termes de pollutions ?

Mais pourtant, c’est bien là que se joue la transition écologique sur le long terme, qui est le plus important pour nos enfants et les générations futures, et le plus urgent à corriger. Nous sommes la première génération consciente des impacts potentiellement irréversibles, c’est presque un crime contre l’humanité de ne pas agir plus vite.

J’espère que Monsieur Macron aura pris conscience que la société civile veut accélérer la transition écologique et qu’il ne peut faire l’impasse ou trop attendre.

 

Merci Nicolas Hulot, nous savons à quel point vous vous êtes investi et vous avez pris sur vous pour ronger votre frein ; merci pour les avancées remarquables que vous avez appuyées, en espérant entre autres que les échéances soient respectées sur le glyphosate et son cocktail de molécules pétrochimiques qui forment le poison qu’est le Roundup, sur les néonicotinoïdes, sur les perturbateurs endocriniens, sur la loi Pact.

Je respecte votre décision et je la regrette, car j’aurais préféré un ultimatum public comme l’a posé Stéphane Bern pour le patrimoine des villages, afin de se donner encore une chance et une échéance ! Car vous êtes et restez un merveilleux ambassadeur pour la planète, vous qui l’avez parcourue beaucoup plus que la majorité d’entre nous ne pourra jamais le faire.

Je regrette, car influencer de l’extérieur est moins aisé que depuis l’intérieur… Quoique l’on puisse commencer à en douter. Finalement, on peut désormais se demander qui est garant de la morale aujourd’hui : l’Eglise a vécu, il nous reste des chercheurs, des philosophes, mais surtout des médias indépendants qui prennent de la hauteur pour éveiller ou alerter nos consciences. Merci à eux : ils sont un accélérateur du changement que nous voulons voir.

C’est peut-être grâce à eux qu’en France la société civile fera sa révolution, puisque le pouvoir a besoin de l’opinion, et que l’opinion se forge beaucoup à travers les médias au service de la politique. Nos réseaux sociaux peuvent aussi nous permettre de nous mobiliser : la nouvelle génération a faim de sens et de combats justes !

 

Je souhaite bien-sûr la bienvenue, bon courage et ténacité à Francois de Rugy, un homme politique vert et engagé, pragmatique, diplomate et habile, dont la présence du ministère des transports au sein de son portefeuille peut être un atout supplémentaire compte tenu du poids de ceux-ci dans les émissions de gaz à effets de serre. Gageons qu’il saura avancer dans la durée et que notre cher Président se rappellera longtemps de la grande âme du petit Nicolas Hulot qui valait bien mieux que cela, et qui savait distinguer l’important et l’urgent…

 

Un dernier mot : le plus grand pollueur du monde, par nécessité, c’est l’économie privée, donc c’est à nous, entrepreneurs du monde et des petites villes, de changer aussi nos pratiques pour en faire un avantage concurrentiel et un plus fédérateur.